19-10-2026 09:58 - Mauritanie : un an après son arrivée, le bilan maigre de la société marocaine de nettoyage ARMA à Nouakchott

Mauritanie : un an après son arrivée, le bilan maigre de la société marocaine de nettoyage ARMA à Nouakchott

Maghreb Online - L’organisation annoncée d’une mobilisation nationale en faveur de la propreté de Nouakchott remet au premier plan la question de l’efficacité du service confié à ARMA.

Cette initiative, destinée à contribuer à l’assainissement de la capitale, soulève une interrogation centrale : pourquoi faut-il recourir à une mobilisation exceptionnelle pour accomplir une mission qui relève normalement d’un service régulier de collecte et d’évacuation des déchets ?

La société marocaine ARMA, chargée de la gestion des déchets dans la capitale mauritanienne, fait face à des interrogations sur son bilan après une année d’activité. Les avertissements répétés du ministère de l’Intérieur et l’organisation d’une mobilisation nationale pour nettoyer la ville relancent le débat sur l’efficacité du dispositif.

« Avec ARMA, Nouakchott brille » : c’est le slogan affiché sur les camions de la société marocaine ARMA, à laquelle a été confiée la mission de nettoyage de la capitale mauritanienne. Pourtant, un an après son arrivée sur le marché mauritanien, les résultats obtenus suscitent des interrogations, selon un commentaire consacré à la situation de la propreté urbaine à Nouakchott.

Le texte souligne le décalage entre les ambitions affichées par l’entreprise et la persistance des problèmes liés à l’accumulation des déchets dans plusieurs secteurs de la ville. Il fait également état d’avertissements répétés adressés à la société par le ministère mauritanien de l’Intérieur concernant ses prestations.

Une mobilisation nationale qui interroge le bilan de l’entreprise

L’organisation annoncée d’une mobilisation nationale en faveur de la propreté de Nouakchott remet au premier plan la question de l’efficacité du service confié à ARMA. Cette initiative, destinée à contribuer à l’assainissement de la capitale, soulève une interrogation centrale : pourquoi faut-il recourir à une mobilisation exceptionnelle pour accomplir une mission qui relève normalement d’un service régulier de collecte et d’évacuation des déchets ?

La participation des citoyens à l’amélioration de leur cadre de vie constitue une démarche positive. Toutefois, elle ne saurait se substituer aux obligations de l’entreprise chargée du nettoyage ni aux responsabilités des autorités publiques chargées du suivi du contrat.

Le commentaire insiste sur cette distinction : les opérations ponctuelles peuvent permettre d’éliminer les déchets accumulés, mais elles ne garantissent pas, à elles seules, une amélioration durable de la situation. Celle-ci suppose une collecte régulière, une couverture effective des différents quartiers et des moyens adaptés pour éviter la reconstitution des dépôts sauvages après la fin des opérations de nettoyage.

Les avertissements du ministère de l’Intérieur au cœur des interrogations

Les avertissements répétés attribués au ministère de l’Intérieur constituent un autre point soulevé par le texte. Ils appellent à davantage de transparence sur les difficultés constatées, les éventuels manquements relevés et les mesures correctives mises en œuvre.

Plusieurs questions restent ainsi posées : quels dysfonctionnements ont été précisément signalés à ARMA ? Quelles réponses l’entreprise a-t-elle apportées aux autorités ? Des mesures contractuelles ont-elles été prises face aux insuffisances persistantes ? Et quelles garanties ont été prévues pour améliorer durablement la qualité du service ?

En l’absence d’éléments détaillés sur les avertissements, leur contenu et les éventuelles sanctions, ces interrogations ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une responsabilité contractuelle établie. Elles mettent néanmoins en évidence l’importance d’un contrôle rigoureux des prestations et d’une communication transparente sur les résultats obtenus.

Un bilan du contrat attendu après douze mois

Au-delà des opérations de nettoyage annoncées, la question du bilan de la première année d’activité d’ARMA apparaît désormais centrale. Les habitants de Nouakchott ont besoin d’informations précises sur les engagements contractuels de la société, les prestations effectivement réalisées, les sommes versées au titre du contrat et les mesures prises pour remédier aux difficultés signalées.

Une évaluation publique permettrait de comparer les objectifs fixés aux résultats observés, tout en clarifiant les responsabilités respectives de l’entreprise et des organismes chargés de superviser son travail.

Cette démarche serait également de nature à renforcer la confiance des citoyens, pour lesquels la propreté urbaine constitue un enjeu quotidien de qualité de vie, de santé publique et d’environnement.

Au-delà du slogan, l’exigence d’un service permanent

La mobilisation nationale pour la propreté de Nouakchott pourrait représenter une occasion de renforcer la participation citoyenne et de sensibiliser la population à la gestion des déchets. Mais son efficacité dépendra aussi de la mise en place d’un dispositif durable, fondé sur la régularité des collectes, le suivi des prestations et la responsabilisation de tous les acteurs concernés.

Le véritable enjeu ne réside donc pas uniquement dans la capacité à nettoyer ponctuellement les rues et les quartiers, mais dans celle de maintenir des conditions satisfaisantes sur l’ensemble du territoire urbain.

Après un an d’activité, le slogan « Avec ARMA, Nouakchott brille » appelle ainsi une évaluation concrète des résultats. Pour les habitants de la capitale mauritanienne, l’attente est claire : une ville propre au quotidien, un service fiable et des mécanismes de contrôle capables de garantir le respect des engagements pris.

La réussite de cette ambition dépendra autant de l’efficacité opérationnelle de l’entreprise que de la vigilance des autorités publiques et de la transparence entourant l’exécution du contrat.

Source : Aqlame





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Source : Maghreb Online
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Commentaires (4)

  • Bertrand (H) 19/10/2026 19:48 X

    Nos projets, nos marchés sont menés par la corruption et les pot de zrig. Aucun marché à quelques rares exception n’est attribué selon le mérite et les capacités techniques et financières des soumissionnaire. Et même après cela le suivi de la bonne (je veux dire de la mauvaise exécution) est un camps ou prospère encore la corruption et lacsht des des consciences.

  • Belphegor (H) 19/10/2026 16:33 X

    Pizzorno n'a jamais pu vraiment travailler sereinement en Mauritanie entre les campagnes de dénigrement médiatique permanents (orchestrées par certains groupes d'intérêts proches du régime Aziz qui convoitaient ce juteux marché à l'époque) jusqu'à l'arrêt forcé de ses activités et la saisie de son parc automobile alors que son contrat était encore en vigueur, son lot de travailleurs licenciés du jour au lendemain qui n'ont jamais pu recouvrer leurs droits (certains parmi eux sont décédés entre-temps) sans oublier les milliards d'ouguiyas versés par l'état au groupe Dragui Transports (maison-mère de Pizzorno basée à Nice) pour rupture abusive et injustifiée de contrat après des poursuites contre l'état Mauritanien au niveau des instances internationales la question de la salubrité urbaine a été gérée de façon désastreuse et il a fallu l'arrivée de la société Arma pour qu'on réalise que la seule entreprise qui arrivait à s'acquitter de cette tâche difficile à Nouakchott a été contrainte au départ avec des méthodes dignes de régimes voyous juste pour redistribuer le marché à des entreprises cartables créées du jour au lendemain qui n'avaient aucune expertise ou expérience avérée dans ce domaine.

  • analagjar (H) 19/10/2026 12:17 X

    Tout le monde avait prédit que ce serait un échec car il ne s'agit que de collecte d'ordures pour les balancer à l'extérieur de la ville sans traitement et nos entreprises locales pouvaient largement faire ce travail avec moins de couts et plus d'économies de devises.. Maintenant il conviendrait de rompre le plus vite possible ce contrat de commun accord et se préparer dans le temps mort à confier ce contrat (après consultation ouverte et transparente) à une entreprise internationale réputée dans le monde qui a la capacité de créer des centres de recyclage et de traitement des ordures aux normes, avec l'exigence dans le contrat de certaines obligations consistant à confier la collecte des ordures à des entreprises nationales et à effectuer à l'avenir un tranfert de savoir faire relatif au traitement de ces ordures pour une plus grande incidence à court, moyen et long terme sur l'économie locale

  • hachmi (H) 19/10/2026 11:30 X

    En vérité, par rapport aux débuts de Pizzorno, le bilan est plus que maigre. Il faut toutefois dédouaner cette société face aux montagnes de déchets qui s'accumulent à Nouakchott et à l'incivisme des populations. Saluons également les efforts du jeune Premier ministre, qui encourage les fonctionnaires de l'État à s'investir dans la propreté de la ville. Les actions de ce week-end étaient louables, même si elles se sont concentrées sur la plage. Il faut désormais nettoyer les quartiers populaires en les débarrassant des gros encombrants : c'est seulement à cette condition que l'action de la société ARNA sera pleinement efficace et visible.