27-10-2026 15:10 - Ibrahima Ndiaye Ali Kane : le dernier administrateur civil de La Goueira (1979-1981)

Ibrahima Ndiaye Ali Kane : le dernier administrateur civil de La Goueira (1979-1981)

​Alors que les pages de l'histoire régionale s'écrivaient au rythme des remous géopolitiques de la fin des années 1970, la presqu'île de La Güera (La Goueira) devenait le théâtre silencieux d'une transition historique majeure.

Entre 1979 et 1981, Ibrahima Ndiaye Ali Kane en fut le tout dernier préfet, incarnant la présence de l'autorité civile mauritanienne dans cette localité avant qu'elle ne bascule définitivement dans le statut de zone militaire.

​Un contexte géopolitique charnière

​À la fin de la décennie 1970, le Nord-Ouest africain traverse une période de fortes tensions marquant la redéfinition des frontières et des souverainetés. À la suite des accords d'Alger d'août 1979, la Mauritanie se retire du conflit du Sahara occidental. 

C’est dans ce climat de haute importance stratégique et de grande prudence diplomatique qu'une équipe d'administrateurs civils chevronnés est dépêchée sur le terrain pour gérer les affaires publiques et assurer la transition administrative.

​À cette époque, l’administration de la région du Dakhlet Nouadhibou est sous la responsabilité du gouverneur Mohamed Ould Bneizara, une figure administrative marquante. Sous son autorité, la préfecture de La Güera est confiée à Ibrahima Ndiaye Ali Kane, un haut fonctionnaire reconnu pour son rigoureux sens de l'État et du service public.

​Le mandat d'Ibrahima Ndiaye Ali Kane (1979–1981)

​Servir à La Güera entre 1979 et 1981 représentait un défi d'une complexité rare. Située à la pointe sud de la presqu'île de Nouadhibou, la ville exigeait une gestion administrative méticuleuse, alliant diplomatie, protection des populations locales et coordination étroite avec les autorités régionales de Nouadhibou.

​En tant que dernier préfet et dernier administrateur civil de La Güera, Ibrahima Ndiaye Ali Kane a porté sur ses épaules la responsabilité de maintenir l'ordre républicain, la gestion quotidienne de la cité et la dignité de la fonction publique dans des conditions de plus en plus précaires.

​Sa mission a marqué la fin d'une époque : celle d'une vie civile urbaine et administrative à La Güera, avant que les réalités géopolitiques ne viennent redessiner la carte de la région.

​De la cité civile à la zone démilitarisée

​À l’issue de ce mandat au début des années 1980, l'évolution de la situation sécuritaire et diplomatique le long de la frontière a conduit à l'évacuation progressive des institutions civiles. La Güera est alors devenue au fil du temps une ville fantôme, figée dans le sable, puis une zone strictement militaire sous contrôle et surveillance mauritanienne afin de préserver la neutralité du secteur et la sécurité de la capitale économique, Nouadhibou.

​Les bâtiments administratifs et les maisons de l'époque coloniale et post-coloniale se sont peu à peu endormis sous les vents de l'Atlantique, faisant d'Ibrahima Ndiaye Ali Kane l'ultime témoin civil de la souveraineté administrative au quotidien dans cette enclave.

​Un héritage d'honneur et de mémoire

​Se souvenir d'Ibrahima Ndiaye Ali Kane, c'est rendre hommage à ces grands serviteurs de l'État qui ont accompli leur devoir avec dévouement, souvent dans l'ombre des grands moments de l'histoire.

​Son nom reste indissociable de l'histoire de La Güera et du Dakhlet Nouadhibou. Pour sa famille, ses proches et pour la mémoire collective de la fonction publique mauritanienne, feu Ibrahima Ndiaye Ali Kane demeure une figure exemplaire d'intégrité, d'engagement patriotique et de rigueur administrative.

​Note mémorielle : Ce document rend hommage à la mémoire de feu Ibrahima Ndiaye Ali Kane (1979-1981), dernier préfet civil de La Güera, sous l'administration du gouverneur Mohamed Ould Bneizara.

Par Elhacen Ibrahima KANE





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