25-10-2017 09:29 - Réseau des organisations sur la sécurité alimentaire (ROSA) : Déclaration

Réseau des organisations sur la sécurité alimentaire (ROSA) : Déclaration

ROSA - La saison des pluies vient de prendre fin sans réellement satisfaire les besoins des agropasteurs sur le plan de la pluviométrie permettant de sécuriser une bonne production agricole et sur celui des pâturages pour alimenter le cheptel national.

En effet, le Bulletin décadaire du SERVICE AGROMÉTÉOROLOGIE de la DIRECTION DE L’AMENAGEMENT AGRICOLE du MINISTERE DE L’AGRICULTURE, confirmait qu’à la troisième décade de Septembre, qui presque marque la fin de l’hivernage, des déficits persistaient selon le niveau de comparaison et presque dans toutes les wilayas.

Par ailleurs, cet organe officiel avisait que par rapport à l’année passée et à la même période, environ 52% des postes pluviométriques suivis présente une situation déficitaire. Cette situation en fin septembre hypothéquait l’avenir des cultures sous pluies et semait un doute dans l’esprit des agriculteurs et éleveurs fragilisait par des performances agropastorale de l’année d’avant à savoir la campagne 2015-2016.

Au niveau des barrages, le taux de remplissage était moyen et variait selon les wilayas: Hodh El Charghi: 70%, Hodh El Gharbi: 60-70%, Brakna; 0-100%, Gorgol: 30-100%. Guidimakha: 75%.

Aussi, au cours de sa mission de suivi de la situation de Sécurité Alimentaire du 2 au 7 octobre 2017, le Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA) a noté, avec le concours des ses Points Focaux dans les Wilayas du Brakna et du Gorgol, a noté une convergence des préoccupations soulevées par les uns et les autres. Celles-ci se concentrent sur quelques faits saillants afférents à une grande inquiétude qui plane sur les agropasteurs des wilayas concernées. Des faits concordants sont soulevés dans ces deux Wilayas à savoir:

- Un déficit pluviométriques d’environ 52 % comparativement aux 2 années précédentes accentué par une mauvaise répartition et des périodes de rupture prolongées;

- Une hausse significative des denrées de première nécessité;

- Un déstockage de troupeaux de vaches et de moutons vendus en gros à de faibles prix pour des femelles suitées;

- La montée du prix des aliments de bétails et sa rareté sur le marché;

- Le non retour des transhumants craignant des conditions plus arides dans leurs régions de provenances ;

- Une très faible crue se traduisant par un taux de remplissage très faible des bassins et des cuvelles du Walo;

Cette présente situation vient amplifier le désespoir des agropasteurs qui, au sortir de Janvier 2017 (situation d’après récoltes), s’inquiétaient d’une période longue d’insécurité alimentaire. En effet, l’enquête périodique conduite du 6 au 31 janvier 2017 par le CSA et le PAM pour suivre l’évolution de la sécurité alimentaire dans le pays (FSMS:(Food Security Monitoring System), notait que: (i) 18,8% des ménages mauritaniens étaient en insécurité alimentaire (avec 3.3% d’insécurité alimentaire sévère et 15,5% d’insécurité alimentaire modérée), (ii) et que la situation alimentaire s’était dégradée dans toutes les wilayas du sud du pays à l’exception du Hodh El Gharbi.

Ainsi, l’Enquête notait qu’en cette période d’après récoltes 745.000 personnes étaient en insécurité alimentaire au niveau national soit 18,8% dont: (i) 130 000 personnes souffraient d’une insécurité alimentaire sévère (alimentation très pauvre) et donc en situation d’urgence et que (ii) 615.000 personnes vivaient une insécurité alimentaire modérée (alimentation à la limite de l’acceptable) nécessitant une attention particulière de protection pour ne pas basculer dans l’insécurité sévère. Cette situation d’insécurité alimentaire touchait déjà en Janvier 2017 l’ensemble des Wilayas majoritairement agropastorales notamment le Hodh Echargui (26.8%), l’Assaba (22.1%), le Guidimagha (22%), le Brakna (19,8%) et le Gorgol (18.4%).

Par ailleurs, l’exercice du Cadre Harmonisé conduit du 6 au 10 Mars 2017 conjointement par le CSA et le CILSS avec la participation des partenaires étatiques: (i) Ministère de l’Agriculture (MA), Ministère de l’Elevage (ME), Ministère du Commerce (MC), Ministère des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Office National de la Statistique (ONS), Office National de la Météorologie (ONM), Port Autonome de Nouakchott; (ii) de la Société Civile dont la Fédération des Agriculteurs et Eleveurs de Mauritanie (FAEM), les ONGs ADIG, ACORD, Réseau des ONGs de la Sécurité Alimentaire (ROSA), SENLS, GNAP; (iii) des représentants du PAM, de la FAO, de l’UNICEF, de FEWS NET, de l’ACF-Espagne, d’Oxfam. Au sortir de cet exercice consensuel, les estimations au niveau de la situation courante (mars à mai 2017) donnaient 126 443 personnes en insécurité alimentaire sévère (Crise à plus) et qu’en situation projetée (juin-août 2017), ce nombre passerait à 221.156 personnes.

La situation nutritionnelle que le Ministère de la Santé et l’UNICEF ont communiqué en fin septembre, montre que 06 Wilayas sont en situation d’urgence c'est-à-dire une MAG >15 et/ou MAS >2% pour les enfants de 6-59 mois. Il s’agit des Wilayas du Hodh El Chargui, du Hodh El Gharbi, de l’Assaba, du Gorgol, du Brakna et du Gudimagha. Au niveau national, c’est une situation d’urgence car la Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) est supérieure à 2% (MAS>2%) et 21 Moughatas sont également confrontées à une situation d’urgence nutritionnelle avec une MAG >15% et/ou MAS > 02%.

Devant cette conjugaison de facteurs qui dépeignent une situation de préoccupation majeure vis-à-vis de la sécurité alimentaire et pastorale des agropasteurs en fin septembre, le manque notoire de crues pour les zones et cuvettes inondables de la vallée, la situation alimentaire, nutritionnelle et pastorale 2017-2018 s’annonce extrêmement difficile pour les populations rurales.

Face à cette grave situation, et compte tenu du poids de la contribution des cultures sous pluies, derrière barrages, et des zones exondées (décrue/walo) à la production nationale céréalière, le Réseau des ONGs pour la Sécurité Alimentaire (ROSA) souhaite attirer l’attention des autorités nationales sur les conséquences prévisibles de cette réalité sur les populations.

ROSA se félicite de la réaction des autorités par son Arrêté N° 0825 du 28 Septembre 2017 portant création d’un Comité Technique Interministériel chargé du Programme d’Assistance au Cheptel.

ROSA exhorte les autorités à anticiper et prendre les mesures idoines pour atténuer les conséquences d’un déficit de production important sur les populations rurales et ce à travers:

Un appui aux personnes vulnérables par le biais d’activités multiples à effets immédiats dont: des distributions générales en vivres y compris des produits nutritionnels pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes; un programme de transferts monétaires bien ciblé; des assistances conditionnelles pour le renforcement de la résilience à travers la création des actifs productifs.

ROSA recommande la mise en place d’un Plan d’Urgence Global (PUG) visant à endiguer les conséquences prévisibles qui découle d’une situation exceptionnelle de déficit que vivent les populations rurales depuis la fin de l’hivernage 2015-2016.

Nouakchott, le 16 Octobre 2017

TEL : 4640 88 068- mail : projetrosa@gmail.com

Les Organisations signataires :

Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA)

Appui au Développement Intégré des Communautés Rurales (ADICOR)

Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG)

Association des Producteurs de Lait et Viande (APLV)

Association Mauritanienne d’Auto- Développement (AMAD)

Association Nutrition et Développement (ANED)

Association pour la Recherche et le Développement en Mauritanie (ARDM)

Banlieues du Monde Mauritanie (BLM)

Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits de l’Homme (CSVVDH)

Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)

M2000

ONG ACTIONS

ONG Au Secours

Réseau des Femmes mareyeurs de la Pêche





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Source : ROSA
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