02-11-2026 14:18 - Mauritanie : 134 migrants secourus en mer alors qu’ils tentaient de rejoindre les îles Canaries
Entrevue --
La marine mauritanienne a secouru 134 migrants, dont des femmes et des enfants, tentant de rejoindre les îles Canaries. L'intervention, menée le 31 octobre 2026, souligne les dangers de la route atlantique. Les autorités renforcent leur surveillance maritime face à une activité migratoire accrue et à des conditions de traversée périlleuses.
La marine mauritanienne a secouru 134 migrants qui tentaient de rejoindre les îles Canaries, territoire espagnol situé au large des côtes africaines. L’opération s’est déroulée samedi 31 octobre 2026, dans le chenal du port de Nouadhibou, au nord de la Mauritanie.
Selon un communiqué de l’armée rendu public dimanche, l’embarcation transportait 118 hommes, 14 femmes et deux enfants de différentes nationalités. Les autorités n’ont pas précisé leur pays d’origine ni communiqué d’informations sur leur état de santé. Cette nouvelle intervention rappelle les dangers de la route migratoire atlantique, empruntée chaque année par des milliers de personnes dans l’espoir de rejoindre l’Europe.
Le sauvetage a été effectué par les forces navales mauritaniennes alors que l’embarcation se dirigeait vers l’archipel espagnol. Dans son communiqué, l’armée explique que cette opération s’inscrit dans ses missions de protection des vies humaines en mer, de surveillance maritime et de lutte contre les réseaux de passeurs.
Les circonstances exactes de l’intervention n’ont pas été détaillées. Les autorités n’ont notamment pas indiqué depuis combien de temps les migrants naviguaient, ni si leur bateau rencontrait des difficultés techniques au moment de l’arrivée des secours. Nouadhibou, ville portuaire située à proximité de la frontière avec le Sahara occidental, constitue un point stratégique sur les routes migratoires reliant l’Afrique de l’Ouest aux Canaries.
Sa position géographique en fait une zone régulièrement surveillée par les forces de sécurité mauritaniennes.
Une route migratoire particulièrement dangereuse vers l’Europe
La traversée de l’océan Atlantique vers les îles Canaries figure parmi les itinéraires migratoires les plus périlleux. Les candidats au départ embarquent souvent à bord de pirogues de pêche ou de bateaux insuffisamment équipés pour affronter plusieurs jours de navigation en haute mer.
Les risques sont nombreux : pannes de moteur, manque de carburant, absence de moyens de communication, déshydratation et conditions météorologiques difficiles. Les courants marins peuvent également éloigner les embarcations de leur trajectoire initiale, compliquant considérablement les opérations de recherche et de sauvetage.
Depuis plusieurs années, des milliers de personnes ont perdu la vie ou disparu en tentant de rejoindre l’Europe par cette voie. Les migrants empruntant cet itinéraire viennent notamment du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali, même si les nationalités des 134 personnes secourues samedi n’ont pas été précisées.
Cette intervention intervient dans un contexte de forte activité migratoire entre les côtes ouest-africaines et les Canaries. Ces derniers mois, plusieurs centaines de personnes ont été secourues au large de la Mauritanie.
Le 27 août 2026, une opération avait notamment permis de porter assistance à 161 migrants après une panne de moteur de leur embarcation, partie de Gambie. Parallèlement, les services de secours espagnols continuent de prendre en charge des bateaux arrivant à proximité de l’archipel.
Selon le média mauritanien Madar, 453 personnes ont été secourues près des îles Canaries à bord de quatre embarcations entre samedi soir et dimanche matin. Face à ces traversées répétées, les autorités mauritaniennes cherchent à renforcer leur surveillance maritime et à lutter contre les réseaux organisant les départs clandestins.
Mais les opérations de sauvetage soulignent aussi la persistance des facteurs économiques, sociaux et sécuritaires qui poussent de nombreux migrants à entreprendre un voyage dont l’issue demeure particulièrement incertaine.
