03-04-2018 11:54 - Des milliers de déplacés dans l’ouest du Niger
Liberté-Algérie - Sahel : Fuyant les conditions climatiques difficiles et les violences armées
La semaine dernière, la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina J. Mohammed, a affirmé en Mauritanie la complexité et la nature multidimensionnelle des défis au Sahel qui exigent une réponse plus cohérente, globale et intégrée.
Plus de 8 000 déplacés civils ont été enregistrés depuis janvier dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, une zone instable frontalière du Mali et théâtre de nombreuses incursions de groupes terroristes, a annoncé hier l'ONU.
“8 432 personnes déplacées internes ont été dénombrées de janvier à mars 2018”, selon des chiffres du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU, transmis à l'AFP. Les mouvements des “déplacements qui continuent sont occasionnés par les menaces, exactions et la recrudescence des affrontements entre groupes armés non étatiques”, indique l'agence onusienne.
Ces déplacements pourraient toucher plus de 40 000 habitants de cette région qui abrite depuis 2012 des milliers de réfugiés maliens, s'alarme l'ONU. Il s'agit des premiers cas de déplacés, officiellement signalés dans cette zone qui vit sous l'état d'urgence depuis mars 2017.
Ces mouvements sont également liés aux “effets des mesures sécuritaires visant à juguler les infiltrations meurtrières et récurrentes de terroristes venant du Mali voisin”, a expliqué un responsable local à l'AFP.
Dans le cadre de ces mesures, une dizaine de marchés ruraux ont été fermés et la circulation de voitures et motos a été interdite dans certaines localités. Des mesures similaires ont déjà contribué “à affaiblir” le groupe nigérian Boko Haram en le coupant de ses sources de ravitaillement, selon les autorités.
Dans cette zone enclavée, les motos sont devenues “les principaux moyens de déplacement des assaillants qui se ravitaillent en vivres et carburant dans les marchés locaux, où sont également tapis leurs informateurs”, a relevé ce responsable.
Le groupe terroriste nigérian Boko Haram est également actif dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, frontalière du Nigeria. La région de Diffa abrite plus de 300 000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent au milieu d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU qui demande à la communauté internationale d'accroître son soutien financier.
Mais les autres pays du Sahel sont également touchés par la crise des déplacés, que ce soit au Mali ou au Tchad où les incursions terroristes se multiplient, en l’absence de moyens de lutte nécessaires contre le terrorisme et de suffisamment de ressources financières pour assurer une meilleure prise en charge des problèmes socioéconomiques, sans compter la fragilité des institutions publiques dans certains cas et de l’absence totale de l’État dans d’autres cas.
En déplacement en Mauritanie, la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina J. Mohammed, a souligné que la complexité et la nature multidimensionnelle des défis au Sahel exigent une réponse plus cohérente, globale et intégrée, selon un communiqué publié mercredi par l'ONU.
“Le Sahel est une priorité pour le secrétaire général et l'ensemble du système des Nations unies”, a déclaré Mme Mohammed lors de la Réunion consultative stratégique sur le Sahel organisée mercredi à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Alors que la situation sécuritaire au Sahel est préoccupante, Mme Mohammed a appelé à ne pas négliger “la crise humanitaire massive qui frappe la région”.
Au total, 24 millions de personnes auront besoin d'une aide humanitaire au Sahel en 2018. Pour répondre aux besoins les plus urgents dans la région, l'ONU et ses partenaires ont besoin de 2,7 milliards de dollars pour les interventions humanitaires dans huit pays : Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad.
R. I./Agences
