10-04-2018 07:00 - Lutte anti corruption, l’exemple vient d’Amérique du Sud

Lutte anti corruption, l’exemple vient d’Amérique du Sud

Mondafrique - L’emprisonnement de l’ex président « Lula » devrait faire réfléchir bon nombre de présidents africains accrochés au pouvoir qui ont fait main base sur les richesses de leurs pays.

L’ex-président brésilien Lula a commencé, dans la nuit de samedi à dimanche, à purger une lourde peine de prison pour corruption, au terme des plusieurs jours mouvementés qui marquent la chute de cette figure de la gauche mondiale.

Le favori de la présidentielle d’octobre est arrivé à bord d’un hélicoptère sur le toit du siège de la police fédérale de Curitiba, la capitale de la lutte anticorruption. Bien qu’il soit une véritable idole d’une grande partie de l’opinion brésilienne, le président « Lula » n’a pas échappé à la justice de son pays.

« Voleurs, rendez vous l’argent »

Ce n’est pas la première fois que l’Amérique du Sud montre l’exemple en matière de lutte contre la corruption et met en cause des chefs d’état ou d’anciens présidents. La démission forcée, le 2 septembre 2015, du président du Guatemala, Otto Perez, dénoncé par la rue aux cris de « voleurs, rendez nous l’argent », est un précédent qui fit date.

Ce fut son rôle dans les trafics douaniers de son pays qui avait été à l’époque le principal grief qui lui était reproché par une opinion en colère. Des pays africains où de tels détournements sont opérés sont légion.

Pour n’en citer qu’un, la Mauritanie qui importe une partie de sa consommation interne via les deux grands ports de Nouakchott et de Nouadhibou constitue un formidable laboratoire en matière de pillage des revenus douaniers au profit de quelques clans prédateurs protégés par le régime du président Aziz, au pouvoir depuis 2008.

Ce constat, certains chefs de l’opposition en Mauritanie le dressent publiquement. Le président de l’Union des Forces de Progrés (UFP), Mohamed Ould Maouloud, avait dénoncé courageusement voici trois ans le détournement des droits portuaires par les proches du régime. »

Un petit cercles d’amis du régime utilise les appels d’offre en apparence ouverts pour s’approprier les marchés publics. Ces privilégiés se débrouillent pour fausser les rêgles du jeu. Les bateaux de leurs concurrents ne sont pas chargés à temps et les tarifs douaniers qui leur sont appliqués sont plus élevés ».

Le cocktail à l’œuvre au Guatemala où l’on a vu une union sacrée entre la société civile, une poignée de juges et une ONG courageuse soutenue par l’ONU pourrait être explosif pour de nombreux régimes.

Or pourtant en Afrique, rien ne se passe. La corruption au sommet des Etats, qui au Brésil et au Guatemala peut être remise en cause, reste monnaie courante en Afrique, sans que les pouvoirs en place soient menacés.

Les procédures engagées dans les dossiers dits des biens mal acquis au Gabon, au Congo et en Guinée, n’ont pas encore fait vaciller les coupables régimes. Les grandes institutions internationales (FMI, Banque Mondiale ou ONU) restent aveugles face aux détournements connus de tous.

Pourquoi tant d’inertie de la part des sociétés civiles africaines? Et tant de passivité de la part des partenaires occidentaux? Il est temps de réveiller les opinion publiques sur ces détournements de richesse qui handicapent le développement et gangrènent les timides efforts vers plus de démocratie et de pluralisme.

Par Nicolas Beau



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Source : Mondafrique
Commentaires : 3
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Commentaires (3)

  • samba el bakar (H) 10/04/2018 13:18 X

    Non ,Monsieur Beau nous sommes ce fier pays qui glorifie les rezzou de jadis au point de les hisser au rang de faits historiques.L'État au lieu d'être assimilé à la Res Publica est Le "toubakiri" d'antan et le piller est une forme de Jihad pour prouver son nationalisme.

  • Ils sont Kif Kif 69 (H) 10/04/2018 08:55 X

    Les Américains ne sont jamais occuper des cas de corruptions en Mauritanie et ils finiront eux aussi avec leurs fameux 6 parlementaires proches de TRUMP de se taire parce que la Mauritanie est incontrôlable sur le plan de la corruption, du vol, du mensonge, de l’usage du faux, les institutions financières internationales ont tirés le chapeau pour les mauritaniens, plus fort qu’eux dans ces domaines cité ci-dessus n’existent pas dans le monde, donc monsieur Beau, il faut attendre que Dieu décide de notre sort et non les décisions américaines, françaises ou chinoises ne nous font pas peur, même si Donald TRUMP décide d’arrêter le chef de l’état mauritanien pour corruption, il n’arrivera pas à le faire avec toutes ses armées et ses services anticorruptions, qui peut arrêter les ouragans financiers de ce pays, mais personnes, eux ils emportent tout à leurs passages, point de trace, ni vu, ni connu, donc la paix, Basta.

  • Ils sont Kif Kif 69 (H) 10/04/2018 08:54 X

    Monsieur Beau, vous auriez crié sur tous les toits du monde que la Mauritanie est un pays ou le président de la république et sa tribu, ses parents et amis pillent à fond et sans pitiés les richesses du pays, mais personnes ne vous écoutera, personnes ne vous donnera raison, parce que le système mauritanien est unique dans le monde, Aziz et ses parents, accompagner d’un ministre des finances savent comment tournés en con et au ridicule les mauritaniens, comme il le font avec le FMI et la Banque Mondiale, ces gens ont le génie de faire de la corruption leur sport favoris sans crainte. Nous avons la toute dernière l’histoire de Kinross, nous avons d’autres cas de lanceur d’alerte qui ont fini par rendre le tablier et demander pardon.